Mémoires du Clown |
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jamais eu droit à ce type de traitement. Toutefois, et d’après les souvenirs que j’ai pu en garder, l’ambiance n’y était pas franchement attrayante.
Je me rappelle de l’une des fois, alors que j’attendais tranquillement dans une salle d’attente, où j’ai vu un mec passer et sortir dans le jardin. Il s’est mis à hurler comme s’il était en train de se faire égorger. C’était à vous glacer le sang. Le milieu en lui-même n’est pas toujours sympathique non plus… Un jour, je me suis fait mettre dehors d’un cabinet psychiatrique où je me rendais pour des problèmes d’alcool, parce que j’étais ivre. Une autre fois, un médecin a refusé de me prendre en charge, car j’avais des tendances suicidaires et que cela représentait un danger potentiel pour sa carrière. Il ne s’est toutefois pas gêné pour m’envoyer une facture plus que salé. L’information était chère. Le texte est d’une violence extrême. Rémi est un peu étonné d’avoir réussi à écrire une pareille chose. Normalement, il fait toujours très attention à la manière dont il s’exprime pour ne pas choquer les personnes qui sont autour de lui. Pour la première fois de sa vie, il s’est complètement laissé aller, il n’a pas mis de limite aux mots. Même quand il était jeune, et malgré les problèmes qu’il a pu |
rencontrer durant sa jeunesse, Rémi a toujours été une personne courtoise préférant mettre en avant la diplomatie, plutôt que l’agressivité. Il n’y a que dans des cas extrêmes qu’il était capable d’exploser. Aujourd’hui, c’est l’ouverture des restaus du cœur. D’habitude, il se rendait toujours avec sa femme dans un grand supermarché pour acheter quelque chose et le leur offrir. Cette année, pour la première fois depuis leur mariage, cela ne sera pas possible. Depuis qu’il a arrêté de travailler, ils rencontrent quelques difficultés financières. Les assurances qu’il touche en complément au salaire de sa femme suffisent juste à remplir les besoins du ménage. C’est aussi pour cela que Rémi ne veut pas d’enfant. Il sait que s’il acceptait, ils seraient rapidement pris à la gorge par des problèmes financiers et c’est Caroline qui travaillerait encore plus pour que la situation n’empire pas. Comme ils ne pourront rien acheter aux restaus du cœur cette année, Rémi se dit qu’un texte rendant hommage à tous les sans abris ne serait pas de trop. « Ça sera ma manière de participer cette année » pense-t-il. Il réfléchit quelques instants, prend son stylo et se met à écrire. Société d'Argent Trois jours que j'ai pas mangé Et je suis affamé |
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