Mémoires du Clown |
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En arrivant à Ouchy, tout est mort. Il n’y a presque plus personne. Lorsque l’on pose des cônes sur le sol pour faire du slalom, les gens nous regardent et apprécient. Il n’y a plus aucun jugement, nous sommes respectés. Pour moi, tous ces combats nous ont amenés à la victoire et cette victoire, je la dédie à tous les potes de l’époque qui se sont battus à nos côtés et qui ont eu moins de chance que nous. Eloise, la voisine de pallier, n’ayant pas reçu un seul coup de fil depuis le commencement de la matinée, est quelque peu inquiète. Aussi, elle se décide à venir s’assurer que tout va bien. Elle entre dans l’appartement sans sonner, puisqu’elle sait que s’il se trouve à l’autre bout, il lui sera difficile de venir ouvrir. « Rémi ? » lance-t-elle. Ne recevant aucune réponse, elle avance. L’appartement est calme, il n’y a pas un bruit. Elle passe le couloir, jette un œil dans la chambre à coucher, mais il n’y a personne. Elle n’ose pas appeler Rémi plus fort, car elle se doute qu’il peut être en train de dormir, |
aussi c’est sur la pointe des pieds qu’elle continue son chemin à travers les différentes pièces. En arrivant à la cuisine, elle aperçoit les deux tasses de cafés posées sur la table. Elle continue en direction du salon, pièce où se trouve le plus souvent Rémi, durant la matinée. Elle le voit enfin, assis dans son fauteuil, la tête posée sur le dossier, un peu en travers. Ce dernier à l’air d’un ange, si paisiblement installé. Elle fait au mieux pour ne pas le réveiller, s’empare de la télécommande et éteint la télévision avant de s’en aller le plus discrètement possible. Pendant ce temps, notre écrivain imaginaire ne s’en fait pas. Il continue à rêver. Toujours posé devant son bureau, il se remémore de vieux souvenirs. Cette fois-ci, plus qu’une pensée distincte sur un événement, c’est sur la manière dont il a appris à se battre dans la vie qu’il médite. Se levant quelques instants, il se met à faire les cent pas pour l’aider à réfléchir. Pas un seul instant, Rémi ne fait le rapprochement entre son accident et le fait de se retrouver là, debout à marcher dans son bureau. C’est ça la force d’un rêve : tout est possible et tout y paraît si normal… À peine assis, il prend son souffle, comme pour se donner un élan et se remet à rédiger. Guerrier d'une Vie Il y a bien des années |
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