Mémoires du Clown

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  lorsque je parle de ce problème avec des personnes de mon entourage, elles omettent la donnée manquante.
Je garde toujours en tête la chose suivante : si, lorsque nous sommes arrivés en Suisse, en 1981, ma mère n’avait pas été suissesse et que ce type de législature avait été aussi strict, où est-ce que je serais aujourd’hui ?
J’ai 28 ans, je travaille, paye mes impôts, cotise comme tout le monde. J’essaye tant bien que mal de faire le bien autour de moi. Je participe à l’économie du pays. Si, pour une raison de papiers, et parce que quelques personnes provenant d’Afghanistan avaient créé des actes de brigandage ou de violence sur le territoire national en 1981, j’avais été renvoyé en Afghanistan, que me serait-il arrivé ? Et même si j’avais été renvoyé dans le pays juste après la fin de la guerre avec l’Armée Rouge, que serais-je devenu sous le régime Talibans ?



À peine terminée, Rémi relit son œuvre. Il en est très content. Il se réjouit de pouvoir la montrer à sa voisine et voir sa réaction. Il retourne à la fenêtre pour regarder s’il voit toujours Alphonse, mais la pluie s’est mise à tomber et le jardin est à présent vide. Son regard est attiré par un objet au milieu de la pelouse. Il ne parvient pas très bien à voir de quoi il s’agit, aussi il se dirige dans la chambre pour prendre son appareil-photo, revient, zoom sur la
chose et remarque que c’est une seringue.
Le quartier dans lequel il habite est assez pauvre. À quelques pâtés de maison, il y a un parc dans lequel se rassemblent les drogués. Il est assez fréquent que certains d’entre eux se retrouvent dans le jardin de l’immeuble, la nuit, pour consommer. À plusieurs reprises, alors qu’il était encore sur pied, Rémi a jeté des seringues qu’il avait trouvées dans l’herbe.
Révolté de voir que des personnes osent venir se shooter dans un parc pour enfants, Rémi avait plusieurs fois écrit à la police, mais rien n’avait jamais changé.
Perdu dans ses pensées, il se dit que la meilleure façon de combattre la drogue est de faire en sorte que les gens ne tombent plus dedans. Se sentant impuissant face à ce problème, il décide d’écrire quelque chose, cette fois-ci beaucoup plus dur que dans son précédent texte, un poème racontant l’état mental d’une personne proche d’un toxicomane. Il retourne devant sa feuille et se laisse aller.

Monde Artificiel

Je suis complètement paumé
Je ne sais pas où aller
Je vois mes amis faire ça
Ca me travaille, t'en fais pas
J'ai besoin d'une vie meilleure
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