Mémoires du Clown

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  Après la Colline, un autre squat a été ouvert au centre de Lausanne, dans les anciens dépôts de bus. Je ne l’aimais pas. Il y avait beaucoup plus de monde et je sentais les personnes moins impliquées. Pour certains, c’était un peu :

« Tu vas manger à la cuisine, tu laisses ta merde traîner, tu t’en fous : t’es dans un squat finalement et un squat, ça se doit d’être crade… ».

Je ne m’entendais d’ailleurs pas avec la plupart des personnes. Pas mal d'entre eux étaient des étudiants se prenant pour des punks, et profitant d’une piaule sans loyer, ou presque.
Les Espaces Autogérés ont continué à se créer ensuite sur Lausanne, mais toujours de moins en moins bien…Enfin pour ma part, je trouve qu’aujourd’hui, c’est devenu un peu du n’importe quoi.



Il est temps de rejoindre Caroline avant qu’elle n’ait des soupçons. Après avoir soigneusement dissimulé tous ses papiers, il revient au salon où cette dernière est assise. Elle le regarde arriver avec un grand sourire. Une tasse de café l’attend avec un petit gâteau et un mot sur lequel il est écrit :
« Je suis fier de toi ».
Rémi est content. Sa femme ne sait pas encore qu’il s’est trouvé une nouvelle occupation, une chose qui va peut-être devenir l’une de ses raisons de vivre, pourtant elle va déjà mieux. Ils discutent un moment. Soudain il se rappelle de la seringue qu’il avait vue dans le jardin un peu plus tôt et demande à sa femme de descendre la jeter avant qu’un enfant ne se blesse avec. Mais cette dernière lui rétorque qu’elle l’a fait en rentrant.
Ils mettent ensuite un film à la télévision et le regardent, assis l’un contre l’autre : Rémi s’est hissé sur le canapé pour l’occasion. L’histoire parle d’un homme qui se retrouve en prison dans un pays totalitaire après avoir osé parler et défendre ses idées. En le regardant, Rémi trouve le sujet intéressant. Il garde cette idée pour un futur texte. Il l’écrira probablement demain, pendant que sa femme sera au travail.
À la fin du film, Caroline et son mari se mettent à discuter de tout et de rien. Elle lui raconte sa matinée au travail, tandis que lui n’a pas grand-chose à dire. Il ressent de plus en plus le besoin d’écrire. Il a toujours été comme ça : incapable de patienter lorsqu’il a envie de faire quelque chose. Il annonce à sa femme qu’il se sent très fatigué et se rend dans la chambre pour faire une sieste. Pendant ce temps, Caroline repasse. A peine couché sur le lit, Rémi, qui avait camouflé dans sa chemise, une feuille et son stylo, se met à écrire. Le sujet porte, comme prévu, sur les prisonniers d'opinion.
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