Mémoires du Clown

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  Caroline se sent rassurée. S’il est vrai que son mari retrouve du poil de la bête, peut-être voudra-t-il enfin lui faire un enfant et fonder une famille. « Il y a encore du chemin à faire, mais c’est sur la bonne voie » pense-t-elle. D’après les médecins, il y a peu de chance que Rémi retrouve l’usage de ses membres. Après ce type d’accidents, les gens restent paralysés à vie dans 99,99 % des cas. Cependant Caroline a confiance en son mari. Pour elle, s’il y a quelqu’un qui peut s’en sortir, c’est bien lui. Il a toujours été volontaire et quand il voulait quelque chose, il se donnait les moyens de l’avoir. Jamais elle n’a perdu l’espoir qu’un beau jour, il guérisse.
Rémi se sent fatigué. Aujourd’hui, c’était la première fois depuis plusieurs mois qu’il faisait quelque chose de concret. À la fin du film, il demande à sa femme de l’aider à se mettre au lit.
Avant de s’endormir, il réfléchit quelques instants à des idées pour écrire le lendemain matin pendant que sa femme sera au travail. Après quelques minutes de réflexion, il tombe dans un profond sommeil.
Au réveil, il se sent d’attaque pour une nouvelle journée pleine de vers. Pour la première fois depuis longtemps, il n’appréhende pas le moment de se retrouver seul dans l’appartement jusqu’au retour de sa femme. Il a quelque chose à faire et il compte bien s’y adonner avec coeur.
Pendant que Caroline se prépare, Rémi fonce dans la cuisine pour lui préparer son petit-déjeuner. Lorsque cette dernière arrive, il y a
sur la table, deux œufs, du fromage et des fruits coupés en dés, comme elle les aime. Elle n’en croit pas ses yeux : si son mari n’était pas assis dans sa chaise roulante, elle aurait l’impression que rien n’est jamais arrivé, qu’il n’y a pas eu d’accident. Ensemble, ils mangent en échangeant quelques mots et Caroline se met en route pour le travail.
Rémi, enfin seul, se dirige dans le bureau sans plus attendre. Il met la télévision au passage pour lui tenir compagnie et s’installe devant sa feuille de papier vierge. En s’endormant hier soir, il a pensé faire un texte sur un sujet original, presque tabou, un sujet dont personne ne parle et lui rappelant en quelque sorte également son enfance pendant laquelle il aimait rester perdu dans ses pensées. Aussi, il se met immédiatement à écrire.

Refus de Société

Vous vivez dans un monde
Que franchement je n'aime pas
Où les fusils, les bombes
Font régner votre loi
Où des gens se font tuer
Car ils crient Liberté
Des enfants meurent de faim

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